- LJ Valencia
Analyste économique
Canada : déficit commercial surprise en février et menace de tarifs douaniers
Faits saillants
- La balance commerciale du Canada a connu un déficit de 1,5 G$ en février (graphique 1). Ce résultat est nettement inférieur aux prévisions du consensus d’un excédent de 3,5 G$. Consultez le tableau pour plus de détails.
- Les exportations de biens ont baissé mensuellement de 5,5 % en février, tandis que les importations ont augmenté plus modestement de 0,8 % pour une cinquième progression mensuelle consécutive. En termes réels, les exportations ont reculé de 4,6 %, tandis que les importations ont progressé de 0,3 %.
- Le surplus commercial du Canada avec les États-Unis a diminué, passant d’un sommet de 13,7 G$ à 10,6 G$ en février, ce qui coïncide avec les menaces tarifaires sur les importations américaines de biens (graphique 2). Pendant ce temps, le déficit commercial avec les pays autres que les États‑Unis s’est considérablement accru, passant de 10,6 G$ à un niveau record de 12,1 G$ au cours du mois.
- Le déficit du commerce des services s’est encore creusé en février, pour atteindre 689 M$. Les exportations de services ont diminué de 1,6 %, en grande partie en raison de la baisse des recettes tirées du transport de passagers, qui a fait baisser les exportations de services de transport, tandis que les importations de services ont diminué de 0,8 %, ce qui est plus modeste.
Commentaires
Les tarifs douaniers sont l’élément le plus important des données de février sur le commerce, les exportations et les importations affichant une volatilité accrue.
Contrairement à nos attentes concernant l’accumulation de stocks par les entreprises américaines, 10 catégories d’exportations sur 11 ont diminué en février. Les exportations d’énergie ont le plus diminué (-6,3 % par rapport au mois précédent), les expéditions vers les États-Unis et les marchés étrangers ayant été plus faibles. Après avoir atteint leur plus haut niveau depuis 2000 en janvier, les exportations de véhicules à moteur et de pièces détachées ont également chuté (8,8 %), probablement en raison de l’incertitude entourant les tarifs douaniers. Les exportations de métaux et de minéraux non métalliques ont diminué (6,6 %) après quatre hausses mensuelles consécutives, en raison de la baisse des exportations d’or sous forme brute, d’acier et de produits en fer vers les États-Unis et le Royaume-Uni.
En ce qui concerne les importations, Statistique Canada a encore une fois noté que l’initiative de l’ASFC en matière de gestion des cotisations et des recettes (CARM) pourrait modifier considérablement les valeurs à l’importation d’octobre 2024 à février 2025, de sorte que les données sur les importations devraient être examinées prudemment. Cela dit, les importations de pièces de véhicules automobiles (+ 5,8 %) ont été le principal contributeur, signe que le secteur canadien de la fabrication automobile a augmenté les importations de biens américains, probablement en réponse aux menaces tarifaires.
Implications
Le Canada a affiché un déficit surprise de 1,5 G$ en février, les entreprises canadiennes ayant augmenté leurs importations avant l’entrée en vigueur des tarifs de représailles. Par conséquent, les exportations nettes devraient retrancher -0,8 point de pourcentage à la croissance du T1, ce qui se traduira par une croissance annualisée du PIB réel d’environ 2 %. Cela correspond aux prévisions de la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire de janvier, la faiblesse de la demande intérieure et le commerce ayant été contrebalancés par l’accumulation des stocks.
Les données commerciales de février sont un signe inquiétant étant donné l’intensification des tensions commerciales avec les États-Unis. Pour l’avenir, nous nous attendons à ce que les tarifs douaniers actuels et les menaces continues aggravent la volatilité du commerce et exercent une forte influence sur la croissance et sur les décisions des banquiers centraux canadiens. En effet, nos dernières Prévisions économiques et financières Lien externe au site. laissent entrevoir une récession probable au Canada en 2025, et ce, dès le deuxième trimestre, en raison de la baisse des exportations vers les États-Unis combinée à la faiblesse de la consommation et des investissements des entreprises.
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